Julien Cruvellier de Luze

C’est très tôt durant sa prime jeunesse qu’une irrépressible attirance pour l’escalade se manifeste par le biais d’ascensions téméraires des façades en crépis rose typiques des cités pavillonnaires ornant la jungle urbaine de la banlieue parisienne.

Son hyperactivité grandissante se trouva être un facteur limitant aux doux espoirs que nourrissaient ses parents de le voir devenir un brillant énarque polytechnicien option chirurgie cardiaque. Il sombrait dans les méandres de l’université en s’inscrivant en fac de sciences des sports. Parallèlement à cette chute abyssale de statut social il fit dont de son corps à la pratique percutante du VTT et devint un habitué des centres hospitaliers.

Ce n’est qu’après les insistantes relances d’un camarade de promotion d’origine Kurde qu’il franchit le pas de la varappe en montagne. Le contraste fût si frappant qu’il prit la décision sans appel de délaisser les sordides murs artificiels figés au fond de gymnases au délicat fumet de chaussette avariée au profit d’un univers qui lui était alors aussi inconnu que peut l’être le RER B pour un papou de nouvelle Guinée.

Aussi fugace que fût sa réflexion concernant sa reconversion, il n’a jamais depuis, eut le moindre doute quant à son nouveau rythme de vie lui permettant d’assouvir un appétit tout aussi dévorant pour les escapades rocambolesques en montagne que pour les bonbons Haribo.