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	<title>Bureau des guides des &#201;crins</title>
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	<description>Alpinisme, randonn&#233;e, escalade, via ferrata... depuis plus de 100 ans le bureau des guides et accompagnateurs des &#201;crins vous guide en haute montagne.</description>
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		<title>Bureau des guides des &#201;crins</title>
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		<title>La glace c'est coule</title>
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		<dc:date>2021-04-12T08:53:50Z</dc:date>
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		<description>La d&#233;cennie 2010-2020 n'a connu que peu de cr&#233;neaux propices &#224; l'euphorie glaciaire, si l'hiver 2012 fut remarquable, nombreux sont les pratiquants qui s'appr&#234;taient &#224; jeter leur encombrant mat&#233;riel, rouill&#233; et &#233;mouss&#233;, lass&#233;s d'esp&#233;rer. Miracle au firmament, un froid transper&#231;ant s'est maintenu quatre semaines durant. Cet hiver 2021 les glaci&#233;ristes du monde entier affutent piolets et crampons en scrutant la formation des structures dans la vall&#233;e de Freissini&#232;res. Car il s'agit bien de (&#8230;)

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&lt;a href="https://guides-ecrins.com/-Recit-de-Guide-.html" rel="directory"&gt;R&#233;cit de Guide&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;cennie 2010-2020 n'a connu que peu de cr&#233;neaux propices &#224; l'euphorie glaciaire, si l'hiver 2012 fut remarquable, nombreux sont les pratiquants qui s'appr&#234;taient &#224; jeter leur encombrant mat&#233;riel, rouill&#233; et &#233;mouss&#233;, lass&#233;s d'esp&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miracle au firmament, un froid transper&#231;ant s'est maintenu quatre semaines durant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet hiver 2021 les glaci&#233;ristes du monde entier affutent piolets et crampons en scrutant la formation des structures dans la vall&#233;e de Freissini&#232;res. Car il s'agit bien de la perle des Ecrins, o&#249; les itin&#233;raires les plus raides et les plus prestigieux se c&#244;toient. Le parcours des lignes est d'autant plus remarquable, qu'au-del&#224; de la difficult&#233; de l'itin&#233;raire, certaines cascades n'ont &#233;t&#233; en conditions qu'une fois depuis leur premi&#232;re ascension au d&#233;but des ann&#233;es 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mi-janvier 2021, c'est la ru&#233;e vers l'or. Les parkings sont remplis d&#232;s 7h00 du matin, toutes les cascades sont prises d'assaut. Des voies les plus abordables aux itin&#233;raires les plus audacieux, les cord&#233;es se succ&#232;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sp&#233;cialistes de l'activit&#233; commentent unanimement : &#171; Cela faisait pr&#232;s de 20 ans que nous n'avions connu de telles conditions &#187;. S&#233;bastien Foissac, &#233;minent glaci&#233;riste et guide au bureau des Ecrins depuis plusieurs d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la jeune recrue talentueuse du bureau des guides Octave Garbolino et l'alpiniste le plus m&#233;diatis&#233; de l'&#233;t&#233; 2020 Benjamin Vedrines (cf texte sur le chrono de la travers&#233;e des ar&#234;tes de la Meije), nous avons eu la chance de parcourir &#171; Le Cimeti&#232;re des El&#233;phants &#187;. Rarement form&#233;e, menac&#233;e par la &#171; trompe &#187; monumentale &#233;p&#233;e de glace suspendue au-dessus de la voie, l'ascension de cette cascade n'est envisageable que lors d'un tr&#232;s favorable concours de circonstances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fortune nous g&#226;te d'autant plus, car la cord&#233;e de sp&#233;cialistes Jonathan Joly et Fr&#233;deric D&#233;goulet a r&#233;&#233;quip&#233; deux jours plus t&#244;t la voie, rempla&#231;ant une partie mixte non grimpable par une longueur originale d'escalade technique, ludique et bien prot&#233;g&#233;e. Nous livrant ainsi une version revisit&#233;e sur un plateau d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'escalade fut aussi agr&#233;able que possible, l'ambiance d&#233;contract&#233;e, la cord&#233;e rod&#233;e aux difficult&#233;s, les conditions excellentes puisque nous pouvions profiter des traces de nos pr&#233;d&#233;cesseurs pour ancrer nos engins sans disperser d'&#233;nergie. De plus la grimpe &#233;tait vari&#233;e : des colonnes suspendues, des tubes a&#233;riens, des plaquages fragiles et des connections rocheuses pour rejoindre les derni&#232;res stalactites les plus recul&#233;es. Nous v&#233;c&#251;mes une journ&#233;e m&#233;morable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le clou du spectacle restera la vertigineuse descente en rappel pendulaire sur 60m, parfaitement &#233;quip&#233;e par les camarades, qu'ils vivent mille ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au retour, nous constatons que ce n'&#233;tait pas seulement l'excitation qui nous r&#233;chauffait, les temp&#233;ratures ont radicalement augment&#233; pendant la journ&#233;e. La cascade coule abondamment sur nos vestes et sur le rocher, la neige botte sous nos crampons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que la cascade s'&#233;coule.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ouverture en Face Est des Bans : &#034;Bans Bino !&#034;</title>
		<link>https://guides-ecrins.com/Ouverture-en-Face-Est-des-Bans-Bans-Bino.html</link>
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		<dc:date>2020-12-13T16:23:27Z</dc:date>
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		<description>Les 4 et 5 Septembre 2020 Ouverture en Face Est des Bans, &#171; Bans Bino ! &#187; 450m 7a+ max 6c obligatoire. A mesure que nous remontons le glacier des Bans, je me rends bien compte que nous nous rapprochons de la paroi. Cela contribue &#224; me rass&#233;r&#233;ner, car &#224; nous trois nous avons d&#251; parcourir ce cheminement une dizaine de fois, et il serait malvenu que nous nous &#233;gar&#226;mes sans circonstances att&#233;nuantes : nuit et brouillard, panne s&#232;che de nos outils de navigation, &#233;bri&#233;t&#233;, tremblement de terre&#8230; (&#8230;)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les 4 et 5 Septembre 2020&lt;br class='autobr' /&gt;
Ouverture en Face Est des Bans, &#171; Bans Bino ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
450m 7a+ max 6c obligatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mesure que nous remontons le glacier des Bans, je me rends bien compte que nous nous rapprochons de la paroi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela contribue &#224; me rass&#233;r&#233;ner, car &#224; nous trois nous avons d&#251; parcourir ce cheminement une dizaine de fois, et il serait malvenu que nous nous &#233;gar&#226;mes sans circonstances att&#233;nuantes : nuit et brouillard, panne s&#232;che de nos outils de navigation, &#233;bri&#233;t&#233;, tremblement de terre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette confiance est d&#233;multipli&#233;e par la pr&#233;sence r&#233;confortante de mes valeureux partenaires. Leurs torses bomb&#233;s d'ambition, leurs enjamb&#233;es s&#251;res et puissantes, et leur moral d'airain n'ont de cesse de me subjuguer. Je me redresse pour contempler l'itin&#233;raire convoit&#233;, et fait part &#224; mes compagnons qu'il me semble &#233;vident que notre cord&#233;e ne sera pas mise en difficult&#233; par ce ridicule monticule de pierrailles dont l'escalade saurait tout juste satisfaire des n&#233;ophytes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;lan d'humilit&#233; est enray&#233; aussi vite que les pierres nous tombent dessus, me permettant de recouvrer la lucidit&#233; n&#233;cessaire au franchissement des crevasses b&#233;antes qui attendent que je succombe &#224; la tentation de leurs mille &#233;clats de saphir afin de me retenir &#224; tout jamais prisonnier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fortune faisant bien les choses c'est Mathieu, initiateur du projet, que le destin choisit pour s'&#233;lancer en premier. Il a tout particuli&#232;rement &#224; c&#339;ur de boucler l'ascension dans le d&#233;lai imparti des deux journ&#233;es, car au-del&#224;, le terme de la seconde grossesse de sa douce compagne sera atteint et aucun retard ne saurait &#234;tre envisageable. Quand bien m&#234;me nous serions &#233;gar&#233;s dans le brouillard de nuit, sans GPS, avant qu'un tremblement de terre ne nous engloutisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la gr&#226;ce d'un faon, Mathieu bondit de prises en prises en prenant soin de les jeter hors de notre port&#233;e apr&#232;s usage. Fort heureusement le profil couch&#233; de la premi&#232;re longueur, s'il ne rend pas possible d'hisser le sac, permet toutefois d'emprunter le cheminement de son choix. Bien que Benjamin prenne soin de nettoyer les prises amovibles que Mathieu n'a pas arrach&#233;es, je suis forc&#233; d'admettre ma pr&#233;somption. En effet l'escalade en baskets avec le sac de hissage sur le dos du ressaut en 5 de cette seconde longueur, me demanda bien plus d'efforts qu'aux esclaves &#233;gyptiens pour b&#226;tir la grande pyramide du Louvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'appr&#233;ciation de la prestation de Mathieu dans la longueur suivante, mes derniers espoirs d'&#233;chapper &#224; l'&#233;troitesse des chaussons d'escalade s'envol&#232;rent. Il franchit prestement un mur improt&#233;geable, et s'affaira dans un raide di&#232;dre fissur&#233; avant d'&#233;tablir le relais et de nous convier &#224; le rejoindre pour nous d&#233;lecter de cette belle escalade. Cet homme condense exp&#233;rience et efficacit&#233; dans un corps de lutteur gr&#233;co-romain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; mon tour de grimper en t&#234;te, contrairement &#224; mes camarades, c'est la premi&#232;re fois que j'&#233;volue sans suivre les indications d'un topo. Si l'on ne tient pas compte des variantes ouvertes lors d'erreurs d'itin&#233;raires, qui pour certaines se poursuivirent jusqu'au bout de mon obstination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je partis le c&#339;ur l&#233;ger, confiant &#224; mon flair de guider mes pas, grimpant ce qui me semblait le plus logique. Alors engag&#233; dans une chemin&#233;e en rocher &#224; g&#233;om&#233;trie variable, je me demandais s'il convenait de mener l'entreprise &#224; son terme, tant la r&#233;p&#233;tition de l'itin&#233;raire me semblait jusqu'alors peu recommandable. Au relais, mes camarades surent me persuader d'aller voir plus haut si les prises &#233;taient meilleures. Quelques m&#232;tres plus loin, vach&#233; sur un coinceur enfonc&#233; dans une &#233;caille vibrante, les pieds en &#233;bullition, je scrutais le mur &#224; la recherche d'un passage sinon grimpable en libre, du moins prot&#233;geable. Une vague rampe de prises de pieds en oblique &#224; gauche me permit d'envisager une issue qui, si elle s'av&#233;ra grimpable, ne fut gu&#232;re prot&#233;geable. Pour t&#233;moin le seul point pos&#233; dans la travers&#233;e avant le relais s'arracha lorsque Benjamin s'arrima dessus afin de tenter de placer un piton. Devant la m&#233;diocrit&#233; des protections naturelles et le risque encouru en cas de chute, nous nous r&#233;sol&#251;mes la mort dans l'&#226;me &#224; percer un trou et y enfoncer un bon goujon inarrachable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une courte longueur vers la gauche nous conduisit sur le fil du pilier, d'o&#249; nous p&#251;mes prendre conscience qu'une escalade semblant plus ais&#233;e permettrait de rejoindre ce point depuis le relais en haut de la chemin&#233;e, &#233;vitant la partie expos&#233;e en travers&#233;e. Mon grand nez ne me procure pas le flair escompt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benjamin tr&#233;pigne &#224; nos c&#244;t&#233;s, il n'a pas encore grimp&#233; en t&#234;te, son impatience se mesure &#224; la diversit&#233; des th&#232;mes abord&#233;s au relais. Si nous l'&#233;coutons volontiers soliloquer sur le libre arbitre ou nous relater ses aventures solitaires en montagne, nous pr&#233;f&#233;rons le laisser passer devant lorsqu'il commence &#224; nous parler des programmes de Disney Channel. De son regard de velours il ausculte les difficult&#233;s &#224; franchir avant de s'&#233;lancer &#224; pas feutr&#233;s, son efficacit&#233; n'a d'&#233;gale que sa polyvalence, c'est &#233;bahis qu'avec Mathieu nous assistons &#224; sa fulgurante ascension dans ce qui sera la longueur la plus dure de la voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t (le chien de Mickey) que de grimper jusqu'au bout de la nuit sans frontale, descendre par la voie du n&#233;v&#233; ovale et d&#233;raper sur le glacier sans crampons, (laiss&#233;s au d&#233;part de la voie), pour tenter de finir l'ascension en une grosse journ&#233;e, nous choisissons de descendre en fixant l'ensemble des cordes disponibles pour nous en retourner festoyer au refuge des Bans jouir d'un repos salvateur, nous permettant de savourer paisiblement la seconde journ&#233;e d'ouverture. C'est avec un filet de bave &#224; la commissure des l&#232;vres que d&#233;valons les &#233;boulis en songeant au d&#233;licieux et abondant repas qui nous attend. Et c'est avec une pointe de jalousie que nous contemplons Benjamin transpercer l'azur sous son parapente pendant que nous limons consciencieusement nos cartilages dans les pierriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie s'av&#233;ra payante, car le lendemain nous ne sentions aucune fatigue et ne m&#238;mes que deux fois plus de temps que Benjamin &#224; rejoindre les cordes fixes, qui d&#233;j&#224; &#224; pied d'&#339;uvre se tenait pr&#234;t &#224; enfin d&#233;guster la surprise du gardien concoct&#233;e pour le petit d&#233;jeuner. St&#233;phane avait pris soin de nous pr&#233;parer de d&#233;licieux petits pains perdus et nous avons eu toutes les peines du monde &#224; ne pas d&#233;vorer la part de Mathieu pendant qu'il r&#233;cup&#233;rait les 180m de corde et les coinceurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec c&#233;l&#233;rit&#233; et ma&#238;trise Benjamin et Mathieu grimp&#232;rent les trois derni&#232;res longueurs de l'itin&#233;raire. Nous parcour&#251;mes de tr&#232;s beaux passages d'escalade aux protections saines, ce qui acheva de me r&#233;concilier avec notre d&#233;marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Du sommet des difficult&#233;s, il nous restait &#224; parcourir 150m sur le pilier est, en bon rocher et bien moins raide. Mathieu cavala en t&#234;te pour rejoindre le sommet, il sentit se rapprocher le moment o&#249; il devrait couper le cordon. Et en bon p&#232;re de famille, il f&#251;t bien pr&#233;sent pour accueillir sa resplendissante petite fille, n&#233;e le jour suivant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>30 d&#233;cembre 2019 Face Nord de la Meije 3983m voie Salsa pour 3 &#233;toiles 800m 6b max M4</title>
		<link>https://guides-ecrins.com/30-decembre-2019-Face-Nord-de-la-Meije-3983m-voie-Salsa-pour-3-etoiles-800m-6b.html</link>
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		<dc:date>2020-03-27T13:43:18Z</dc:date>
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		<description>Vendredi 28 d&#233;cembre au soir au bureau de l'&#233;cole de ski, je pr&#233;viens un peu tard le chef que je ne serai pr&#233;sent ni dimanche ni lundi. &#171; Tu vas rater la semaine &#187; me pr&#233;vient-il, ainsi que les honoraires correspondant &#224; l'encadrement des stages hors-pistes sur le domaine de Serre Chevalier. Bien que ceux-ci me procurent fortune et admiration me permettant de parader le torse bomb&#233; dans mon bel uniforme parmi mes semblables, qui le regard empli d'une jalouse rivalit&#233;, me c&#232;dent la priorit&#233; (&#8230;)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vendredi 28 d&#233;cembre au soir au bureau de l'&#233;cole de ski, je pr&#233;viens un peu tard le chef que je ne serai pr&#233;sent ni dimanche ni lundi. &#171; Tu vas rater la semaine &#187; me pr&#233;vient-il, ainsi que les honoraires correspondant &#224; l'encadrement des stages hors-pistes sur le domaine de Serre Chevalier. Bien que ceux-ci me procurent fortune et admiration me permettant de parader le torse bomb&#233; dans mon bel uniforme parmi mes semblables, qui le regard empli d'une jalouse rivalit&#233;, me c&#232;dent la priorit&#233; dans la file d'attente des t&#233;l&#233;si&#232;ges, je d&#233;laisse ces privil&#232;ges pour succomber &#224; la tentation du projet que me soumet Benjamin : une ascension hivernale en face nord de la Meije.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce guide aussi jeune que talentueux, fin connaisseur du massif des &#233;crins, est &#224; l'affut du moindre cr&#233;neau favorable &#224; une excursion en montagne et pr&#233;pare celles-ci avec la minutie d'un strat&#232;ge russe devant un &#233;chiquier. Alors que devant mon fastueux miroir Louis XVI je me drapais consciencieusement de mes plus beaux apparats pour faire la cour &#224; &lt;a href=&#034;https://guides-ecrins.com/Categorie.html?activite_type=x&amp;activite=69&amp;rubrique=Alpinisme&amp;sous-cat=3&#034;&gt;la reine Meije&lt;/a&gt; : piolets nacr&#233;s rutilants, farandoles de mousquetons &#233;tincelants, baudrier en cuir ajust&#233;, je re&#231;us un message laconique : &#171; prends ton matos perso (chaussures, crampons, casque), je m'occupe du reste &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le ton est donn&#233;, Benjamin m'envoie un tableau crois&#233; dynamique comparant poids et encombrement du mat&#233;riel au gramme pr&#232;s, ainsi que trois topos de la voie recoupant les t&#233;moignages des derniers parcours connus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ressens enfin ce que peuvent &#233;prouver les valeureux clients que nous accompagnons : une injonction stricte alli&#233;e &#224; une prise en main rassurante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quittant le t&#233;l&#233;-f&#233;erique de la Grave, nous passons le &lt;a href=&#034;https://guides-ecrins.com/Categorie.html?activite=103&amp;lang=fr&#034;&gt;col de la Girose&lt;/a&gt;, la br&#232;che du &lt;a href=&#034;https://guides-ecrins.com/Categorie.html?activite=68&amp;lang=fr&#034;&gt;R&#226;teau&lt;/a&gt; et remontons le vallon des &#233;tan&#231;ons. Le temps est bon, le ciel est bleu, j'ai un ami qui est aussi amoureux de son sandwich qu'il d&#233;vore, que de la montagne qu'en sp&#233;cialiste il m'&#233;num&#232;re toutes les variantes visibles parcourues &#224; ski la saison pass&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le passage d'un couple de camarades nous pr&#233;c&#233;dant, jusqu'&#224; la br&#232;che de la Meije, permet d'utiliser leur trace et rejoindre le &lt;a href=&#034;https://www.refugedupromontoire.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;refuge du Promontoire&lt;/a&gt; &#224; moindre effort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous faudra d&#233;neiger la porte puis le sas d'entr&#233;e avant de profiter de la douceur r&#233;confortante du soleil &#224; travers les fen&#234;tres. Au menu ce soir : un festin lyophilis&#233;, j'ai craint un instant de ne pas avoir emport&#233; assez de gaz pour pr&#233;parer les myriatonnes de provisions. &#171; Bien manger, bien dormir, bien marcher ! &#187; nous avait pr&#233;venu un guide bourru &#224; mes d&#233;buts en famille de vacanciers parisiens plein d'enthousiasme na&#239;f. C'est maintenant int&#233;gr&#233; et &#224; 18h30 nous dormions d'un profond sommeil. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;part &#224; 3h30 &#224; skis. Nous les d&#233;posons &#224; la rimaye pour commencer &#224; grimper &#224; 5h30. La veille nous nous &#233;tions facilement accord&#233;s sur la strat&#233;gie : pas de corde tendue et nous alternerons le premier de cord&#233;e toutes les quatre longueurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benjamin d&#233;marre dans les pentes de glace et se faufile entres les ilots rocheux du pied de la face, les courts passages d'escalade rencontr&#233;s sont secs, le rocher correct et l'itin&#233;raire plut&#244;t logique, du moins tant que je suis les traces de mon camarade. Nous remontons la partie gauche de la face nord en cheminant &#224; l'aplomb d'une fissure rayant un mur aussi raide qu'intimidant. Les difficult&#233;s s'intensifient &#224; la fin du premier tiers, avec le franchissement d'un passage en 6b, dont la verticalit&#233; semble s'accroitre &#224; mesure que mes bras s'acidifient ; je parviens &#224; prot&#233;ger, temporise la fatigue et r&#233;tablis avant de me sauver vers un emplacement de relais. &lt;br class='autobr' /&gt;
En me rejoignant Benjamin me signifie que j'ai rat&#233; un piton, pourtant crucial. Il semblerait que mon &#233;tat de concentration ne me permettait que de regarder la prise d'apr&#232;s, favorisant la fuite en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En remontant des rampes mixtes, nous rejoignons l'itin&#233;raire de la directe nord, qui est plus souvent parcourue et de fait plus fournie en pitons vibrants et relais sur sangles en putr&#233;faction. Benjamin grimpe efficacement les retorses longueurs suivantes qui le poussent &#224; enfiler les chaussons. Ce sera la seule fois que nous quitterons les crampons qui, s'ils s'av&#232;rent efficaces sur les r&#233;glettes, sont prompts aux &#233;tincelants d&#233;rapages en dalles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre flair infaillible nous conduit jusqu'&#224; une chemin&#233;e enneig&#233;e dont mon obstination born&#233;e &#224; attaquer frontalement le second ressaut m'emp&#234;cha de saisir l'astuce d'un contournement ais&#233; et me conduisit &#224; forcer un passage direct des plus &#233;nergivores. En second, je m'&#233;merveille souvent de la clairvoyance de mon compagnon autant que de sa dext&#233;rit&#233;, j'esp&#232;re secr&#232;tement qu'il en est de m&#234;me pour lui, mes vaines esp&#233;rances s'&#233;croulent lorsqu'en me rejoignant il clame &#171; t'as encore rat&#233; un piton ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en suis convaincu, &#224; mesure que nous grimpons, nous nous rapprochons du sommet. Cette proximit&#233; renforce l'intensit&#233; des derni&#232;res longueurs qui restent toujours grimpantes et difficilement prot&#233;geables ; l'ambiance est tr&#232;s a&#233;rienne, l'escalade oblige &#224; retirer les gants alors qu'une froide brise engourdit nos doigts et que certains passages interdisent la chute. Ces derniers m&#232;tres sont aussi beaux qu'intenses. Nous sommes au sommet &#224; 16h, sous un ciel c&#233;rul&#233;en, nous savourons l'instant en avalant un peu de neige et quelques cailloux que notre robuste organisme aura vite assimil&#233;s. La descente sera aussi rapidement absorb&#233;e gr&#226;ce aux rappels judicieusement r&#233;partis le long de la voie normale et de la face ouest (nous empruntons ceux de la voie &#171; l'horreur du bide &#187;) et nous rejoignons le refuge &#224; 18h pour un nouveau festin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 31 au matin en franchissant une nouvelle fois la br&#232;che de la Meije pour aller r&#233;cup&#233;rer nos skis abandonn&#233;s la veille, nous croisons Heino, un volubile randonneur allemand parti &#224; pieds de Bourg d'Oisans dix jours auparavant, et qui compte retrouver la Bavi&#232;re en kayak pour la saint valentin. La descente du glacier de la Meije cl&#244;tura magnifiquement notre escapade et l'ann&#233;e 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guides Ecrins&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Face nord de l'Ailefroide Orientale, Marchal ombre. 700m ED- M6</title>
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		<description>Quand j'ai d&#233;barqu&#233; &#224; Gap avec mon kangoo tout moisi Que j'ai gar&#233; dans la pente pour qu&#8216;il red&#233;marre Tough su&#231;ait son pouce en ronflant dans son lit J'lui ai dit pr&#233;pare toi, on va au glacier noir. Il est six heures et demie quand nous arrivons au pied de la face nord des Ailefroides, et nous avons la m&#234;me acuit&#233; visuelle que Ray Charles dans un placard. Nous nous &#233;quipons en attendant que le cr&#233;puscule fasse place aux promesses de l'aube. Pendant que le jour se l&#232;ve sur ma banlieue, (&#8230;)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand j'ai d&#233;barqu&#233; &#224; Gap avec mon kangoo tout moisi &lt;br class='autobr' /&gt;
Que j'ai gar&#233; dans la pente pour qu&#8216;il red&#233;marre&lt;br class='autobr' /&gt;
Tough su&#231;ait son pouce en ronflant dans son lit&lt;br class='autobr' /&gt;
J'lui ai dit pr&#233;pare toi, on va au glacier noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est six heures et demie quand nous arrivons au pied de la &lt;a href=&#034;https://guides-ecrins.com/Categorie.html?activite_type=3&amp;activite=506&amp;rubrique=par%20niveau&amp;lang=fr&#034;&gt;face nord des Ailefroides&lt;/a&gt;, et nous avons la m&#234;me acuit&#233; visuelle que Ray Charles dans un placard. Nous nous &#233;quipons en attendant que le cr&#233;puscule fasse place aux promesses de l'aube. Pendant que le jour se l&#232;ve sur ma banlieue, j'ai froid, c'est pourtant pas l'hiver. A lumi&#232;re du jour, les vagues intuitions issues d'&#233;lucubrations informatiques de mon valeureux partenaire Jonathan Isoard, dit &#171; Tough &#187;, sont v&#233;rifi&#233;es : la ligne convoit&#233;e semble &#234;tre grimpable. La pr&#233;sence d'un fin ruban blanc, dans le raide mur o&#249; se tiennent les difficult&#233;s, me font oublier les inqui&#233;tantes paroles de mon partenaire : &#171; De toutes fa&#231;ons, si y'a pas de conditions &#231;a passera quand m&#234;me en dry. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rythme &#171; Isoard &#187; qu'adopte mon partenaire, en plus de m'ext&#233;nuer, laisse largement transpara&#238;tre une exaltation que toute ma mauvaise foi ne saurait enrayer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rimaye se montrera plus cl&#233;mente que pr&#233;vu. Cependant n&#233;anmoins, en plus de mes indispositions techniques en glace, je poss&#232;de un talent certain pour me placer en situation critique lorsque le terrain semble d&#233;bonnaire. Ainsi le d&#233;lai n&#233;cessaire au franchissement de ce modeste obstacle me permit d'entamer les travaux de recherche pr&#233;liminaires en vue de ma prochaine th&#232;se concernant l'int&#233;gration progressive des segments corporels dans l'&#233;volution du twist chez les r&#233;ticulums endoplasmiques. Trois minutes apr&#232;s avoir &#233;tabli le relais, Tough apparut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'en suivit une enfilade de petites goulottes et de pentes remplies d&#8216;authentique neige polystyr&#232;ne, loin de la de neige de pacotille que l'on trouve dans tous les magasins de souvenirs de tarentaise, dont l'excellente qualit&#233; nous laissa envisager d'utopiques plaquages verticaux permettant de parfaits ancrages. Je fus le premier &#224; &#234;tre confront&#233; &#224; la rudesse du retour &#224; la r&#233;alit&#233;, d&#232;s que les difficult&#233;s commenc&#232;rent, les plaquages furent bien plus &#233;ph&#233;m&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'espoir que je m'acquitte de ma part de difficult&#233; en t&#234;te, je partit conqu&#233;rant dans la premi&#232;re longueur s&#233;rieuse : une travers&#233;e ascendante annonc&#233;e M5. Cherchant un ancrage pour mon piolet dans les dalles rocheuses compactes recouvertes de neige poudreuse avant de m'&#233;lancer dans un pas de travers&#233;e dont l'issue favorable m'apparaissait plus al&#233;atoire que de gagner l'euro million. Je pris mes responsabilit&#233;s et fis courageusement demi tour sous les hu&#233;es du public, qui me rejoignit au relais en ronchonnant. Tough survola la travers&#233;e et s'offrit le luxe de prolonger son &#233;chauffement avec le d&#233;but de la longueur suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de dor&#233;navant et jusqu'&#224; nagu&#232;re nous entrons dans le vif du sujet, avec deux longueurs en M6 (les lofteurs, Benjamin Castaldi, Buffy et les vampires&#8230;). La premi&#232;re, assez courte, est un di&#232;dre sans pied opposable dans un rocher en &#233;tat de putr&#233;faction avanc&#233;. Les projectiles min&#233;raux qui me fouettaient le visage m'emp&#234;chaient de sombrer dans la torpeur l&#233;thargique usuelle de l'assureur et me maintenaient ainsi dans un &#233;tat de vigilance aigu&#235;. Le relais suivant semblait bien plus propice &#224; satisfaire ma tranquillit&#233;, mais c'est contraint par mon plein gr&#233; que je suivis avec attention l'&#233;volution de Jonathan. Il livra pendant une heure et demie un &#226;pre combat vertical dans une escalade proche de la reptation ascensionnelle, ponctu&#233;e par des chutes de blocs et de coinceurs (nous n'avons pu d&#233;terminer lequel des deux maintenait l'autre), pla&#231;ant &#233;pisodiquement des PAP (point d'aide psychologique) dont la pr&#233;carit&#233; n'avait d'&#233;gale que l'espacement, Tough parvint indemne au relais, 55 m&#232;tres plus haut. En chutant par deux fois en second, j'ai pu prendre toute la mesure des ressources de mon camarade, les amas verticaux de rocher d&#233;liquescent, recouvert de neige inconsistante interdisaient un quelconque arr&#234;t. Les deux longueurs restantes oppos&#232;rent une moindre r&#233;sistance et permirent de grimper plaisamment sans se soucier de l'issue fatale que sanctionnerait une chute &#233;ventuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de l'itin&#233;raire est constitu&#233;e d'un encha&#238;nement de courts ressauts et de pentes de glace, tant&#244;t a&#233;r&#233;e, tant&#244;t vitrifi&#233;e, nos mollets outrepass&#232;rent leur limite de r&#233;sistance. Je n'ai jamais si ardemment d&#233;sir&#233; obtenir les jarrets d'acier de Marco Pantani, quitte &#224; devoir finir mes jours &#224; Rimini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Tough me rejoignit au sommet, en faisant des sprints fractionn&#233;s, cela faisait un quart d'heure que je mastiquais mes chaussettes pour en r&#233;cup&#233;rer l'eau. Je le pris dans mes bras dans un &#233;lan d'exaltation sommitale, il me repoussa en d&#233;tournant ses organes olfactifs et me tint &#224; peu pr&#232;s ce langage : &#171; Casse toi tu pues &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guides Ecrins&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;&#233;quipement de &#034;Jour de Col&#232;re&#034; Face Sud-Ouest de Sialouze</title>
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		<description>22-23 juillet 2019 R&#233;cit du R&#233;&#233;quipement face sud-ouest de Sialouze, voie Jour de col&#232;re. Perle des &#201;crins, du haut de ses 370 m&#232;tres la face sud-ouest de Sialouze propose une dizaine de voies, &#224; l'escalade enthousiasmante, ouvertes entre 1959 et 2009, sur un rocher toujours beau et incroyablement vari&#233; on retrouve un large &#233;ventail de ce que la grimpe peut offrir : des dalles &#224; friction, des fissures plus ou moins larges, des chemin&#233;es &#224; ramoner, des d&#233;vers intenses et pl&#233;thore de (&#8230;)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;22-23 juillet 2019 &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;cit du R&#233;&#233;quipement face sud-ouest de &lt;a href=&#034;https://guides-ecrins.com/Categorie.html?activite=55&amp;lang=fr&#034;&gt;Sialouze&lt;/a&gt;, voie Jour de col&#232;re.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perle des &#201;crins, du haut de ses 370 m&#232;tres la face sud-ouest de Sialouze propose une dizaine de voies, &#224; l'escalade enthousiasmante, ouvertes entre 1959 et 2009, sur un rocher toujours beau et incroyablement vari&#233; on retrouve un large &#233;ventail de ce que la grimpe peut offrir : des dalles &#224; friction, des fissures plus ou moins larges, des chemin&#233;es &#224; ramoner, des d&#233;vers intenses et pl&#233;thore de surprises &#224; d&#233;couvrir. Parmi celles-ci, nombreuses furent ouvertes dans les ann&#233;es quatre-vingt, gr&#226;ce &#224; l'inextinguible ardeur de valeureux aventuriers corr&#233;l&#233; &#224; l'essor des points &#171; inarrachables &#187;, qui finirent par vieillir jusqu'&#224; menacer de s'arracher. Alert&#233;s par Jean Michel Cambon, ouvreur pionnier des bient&#244;t cinq derni&#232;res d&#233;cennies, qu'&#224; mesure que l'&#226;ge oxyde les points originels, la n&#233;cessit&#233; de les changer se fait plus pressante, le r&#233;&#233;quipement de deux voies parmi les plus parcourues &#8211; ventre &#224; terre et jour de col&#232;re - fut enfin r&#233;alis&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'objectif est de maintenir l'&#233;quipement en place en respectant l'esprit des premiers ascensionnistes, nous changerons une vieille plaquette par une nouvelle aussi solide que rutilante et &#233;ventuellement si la pose de coinceurs peut se substituer logiquement &#224; l'une d'entre elles nous ne la remplacerons pas. Sous la coordination de Fred Roulx du bureau des guides des &#233;crins (grand &#233;quipeur par la taille et l'exp&#233;rience) nous part&#238;mes trois guides us&#233;s, mais par un prompt renfort, nous nous v&#238;mes plein de vigueur en attaquant les efforts, au refuge du s&#233;l&#233; nous attendait un ap&#233;ro royal nous permettant de survoler les dalles, &#224; nous voir marcher avec un tel visage, les plus fatigu&#233;s reprenaient du courage. &lt;br class='autobr' /&gt;
La strat&#233;gie d&#233;j&#224; &#233;prouv&#233;e lors des pr&#233;c&#233;dentes campagnes de r&#233;&#233;quipement est la suivante : un grimpeur de t&#234;te assure ses camarades, &#224; chaque plaquette &#224; changer le premier des deux seconds perce et place le nouveau point que le second serre avant de r&#233;cup&#233;rer l'antique relique. Si la d&#233;marche est simple elle n'en reste pas moins chronophage, fort heureusement lors de l'ouverture JM Cambon, JM Rey et Christian Ferrera, n'ont pos&#233; que peu de points garantissant ainsi le caract&#232;re audacieux de l'itin&#233;raire autant que la pr&#233;servation de leurs ressources &#233;nerg&#233;tiques, tant est &#233;puisante la pose de chevilles au tamponnoir, aussi courte soit la tige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme de deux &#233;prouvantes journ&#233;es, nous avons remplac&#233; une soixantaine de vieilles chevilles, optimis&#233; le placement de quelques - uns des nouveaux points, rajout&#233; un point de renvoi apr&#232;s les relais, s&#233;curisant ainsi les facteurs de chute potentiellement important au d&#233;part des longueurs, &#233;pur&#233; la longueur clef en fissure qui se prot&#232;ge tr&#232;s bien sur coinceurs sans n&#233;cessiter un surcroit de mat&#233;riel. La voie par&#233;e de ses beaux points flambants neufs retrouve une allure des plus attrayantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foncez grimpeurs rocophages avides de belles escapades, l'aventure reste &#224; port&#233;e de chaussons et l'accueil au refuge du S&#233;l&#233; est inoubliable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les voies r&#233;&#233;quip&#233;es cet &#233;t&#233; 2019 &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ventre &#224; terre, face sud-ouest de &lt;a href=&#034;https://guides-ecrins.com/Categorie.html?activite=55&amp;lang=fr&#034;&gt;Sialouze&lt;/a&gt; 370 m&#232;tres 6a max &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le soleil de Satan, &lt;a href=&#034;https://guides-ecrins.com/Categorie.html?activite=61&amp;lang=fr&#034;&gt;contreforts des Bans&lt;/a&gt;400m 6b max&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jour de Col&#232;re, face sud-ouest de Sialouze 370 m&#232;tres 7a max &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Guides des &#201;crins&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ma plus belle course ? </title>
		<link>https://guides-ecrins.com/Ma-plus-belle-course-en-montagne.html</link>
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		<dc:date>2019-06-21T17:13:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>Par le guide Claude Albrand. Texte tir&#233; du livre &#171; 100 ans de Guides en &#201;crins &#187;, &#233;ditions du Fournel. Texte compl&#233;t&#233;. Question classique, souvent pos&#233;e par les clients ou par les compagnons de cord&#233;e : &#034;Quelle est votre plus belle ascension en montagne ? Votre plus beau sommet ? Votre plus belle journ&#233;e de guide ?&#034; Tout le monde s'attend &#224; un r&#233;cit de voie extr&#234;me, &#224; I'autre bout du monde, dans des conditions exotiques ou difficiles, et chacun ouvre de grands yeux lorsque j'affirme sans (&#8230;)

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&lt;a href="https://guides-ecrins.com/-Recit-de-Guide-.html" rel="directory"&gt;R&#233;cit de Guide&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par le guide Claude Albrand. Texte tir&#233; du livre &#171; &lt;strong&gt;100 ans de Guides en &#201;crins&lt;/strong&gt; &#187;, &#233;ditions du Fournel. Texte compl&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question classique, souvent pos&#233;e par les clients ou par les compagnons de cord&#233;e : &#034;&lt;strong&gt;Quelle est votre plus belle ascension en montagne ? Votre plus beau sommet ? Votre plus belle journ&#233;e de guide ?&lt;/strong&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde s'attend &#224; un r&#233;cit de voie extr&#234;me, &#224; I'autre bout du monde, dans des conditions exotiques ou difficiles, et chacun ouvre de grands yeux lorsque j'affirme sans h&#233;siter que ma plus belle journ&#233;e de guide, le plus beau et meilleur souvenir professionnel de ma carri&#232;re, c'est &#171; &lt;strong&gt;la mont&#233;e au refuge des &#201;crins&lt;/strong&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me pas un sommet !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, mais l'une des plus belles journ&#233;es que puisse conna&#238;tre un alpiniste, qu'il soit amateur ou guide de haute montagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
En tout cas la plus belle et la plus &#233;mouvante de mes journ&#233;es en montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1969, je suis encore aspirant guide. Andr&#233;, le secr&#233;taire, apr&#232;s s'&#234;tre assur&#233; du refus de tous les guides plus anciens, qui refusaient non pas car se croyant d&#233;valoris&#233;s par le but de cette course, mais plut&#244;t car insuffisamment pay&#233;, me proposa une cliente, &#224; accompagner au refuge des &#201;crins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Pour faire quelle course ? &#187; Demandais-je.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Non, pas une course, I'aller-retour au refuge dans la journ&#233;e, demain &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les autres guides ont refus&#233;, la course n'&#233;tant que peu pay&#233;, ils ont pr&#233;f&#233;r&#233; autre chose, un vrai sommet. &lt;br class='autobr' /&gt;
Moi je d&#233;bute, je n'ai pas le choix. Rien de mieux ne me serait propos&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne sais pas encore que je vais vivre la plus belle journ&#233;e de ma carri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; La dame a quatre-vingts ans, pr&#233;cise Andr&#233;. Va la voir &#224; l'h&#244;tel chez Rolland, &#224; c&#244;t&#233;, elle attend pour la mise au point de demain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;ceptionniste de l'h&#244;tel fait appeler Madame. Arrive en trottinant une petite dame digne, mince, maigre, robe noire longue, jusqu'aux chevilles, type dessin de Faizant, cheveux blancs, chignon strict, bas noirs tir&#233;s sur des bottines noires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle m'explique tr&#232;s pos&#233;ment et d'un seul trait - &#171; Qu'elle s'est pr&#233;par&#233;e pour cette journ&#233;e, habite &#224; Paris au cinqui&#232;me &#233;tage, a mont&#233; elle-m&#234;me sans ascenseur, pour s'entra&#238;ner, ses seaux de charbon tout I'hiver &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'eus m&#234;me pas &#224; lui demander pourquoi elle d&#233;sirait aller &#224; ce refuge, elle continua - &#171; Qu'elle &#233;tait venue en 1909 &#224; la cabane Caron avec son mari en voyage de noces, elle avait vingt ans. Qu'ils n'avaient pu faire le D&#244;me &#224; cause du mauvais temps. Que les quelques occupants du refuge avaient fait demi-tour. Que son couple avait fait grasse matin&#233;e, que leur premier enfant avait &#233;t&#233; con&#231;u l&#224;, dans cette cabane, dans la temp&#234;te. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle continua de parler : - &#034; Qu'ils avaient fait le v&#339;u de revenir &#224; ce refuge... Et m&#234;me de monter au D&#244;me des &#201;crins&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je la devinais &#233;mue. Le temps sembla rester suspendu. Je respectais son moment de silence. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et elle continua : - &#034;Qu'ils n'avaient jamais pu revenir aux &#201;crins, que la guerre de 1914 en avait d&#233;cid&#233; autrement, puis le travail, la famille, les enfants, les cinq enfants. Puis la guerre de 1939. Le m&#233;tier prenant de son mari, la mort de son mari. Tout s'&#233;tait ligu&#233; pour contrarier ce retour vers les &#201;crins. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et qu'&#224; 80 ans, oui, quatre-vingt ans, son projet &#233;tait de retourner &#224; cette cabane et revoir le D&#244;me, que sa motivation &#233;tait forte, qu'elle avait d&#233;cid&#233; d'y arriver, que malgr&#233; son &#226;ge elle y arriverait &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et elle ajouta - &#171; Qu'elle avait d&#233;cid&#233; de s'offrir cette course avec un guide &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle s'arr&#234;te de parler, mais je sens qu'elle a encore quelque chose &#224; dire. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'attends. Elle annonce que - &#171; Ses malles ont &#233;t&#233; &#233;gar&#233;es par le transporteur. Qu'elle n'aura pas d'autres v&#234;tements que ce qu'elle a sur elle, et qu'elle monterait en robe sur le glacier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons lui louer des chaussures. Les trouvant trop dures, trop rigides, trop lourdes, elle d&#233;cida - &#034;Je monterai en bottines&#034;. Avec ses bottines vernies &#224; petits talons. Je porterai tout de m&#234;me ses grosses chaussures dans mon sac... inutilement, aller-retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous lui louons un piolet. Elle le trouve trop pointu, trop lourd, trop encombrant, trop dangereux, elle d&#233;cida - &#034;Je me servirai de ma canne habituelle&#034;. Je porterai tout de m&#234;me son piolet sur mon sac... inutilement, aller-retour. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme ses crampons... inutilement, aller-retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je devine qu'elle a encore quelque chose &#224; dire. J'attends. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle pr&#233;cise que - &#171; Mal voyante et sous traitement de m&#233;dicament pour les yeux, elle ne voit assez bien que pendant la dur&#233;e de I'effet du traitement, c'est &#224; dire quelques heures par vingt-quatre heures, et ne peut en abuser, et que m&#234;me en for&#231;ant un peu la prise, elle resterait mal voyante une partie de la journ&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partions donc pour 1 500 m&#232;tres de d&#233;nivel&#233;e mont&#233;e et autant de descente, dix &#224; douze heures de marche, dont huit heures presque en aveugle, et ceci &#224; quatre-vingts ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis Ailefroide jusqu'au refuge des &#201;crins - qu'elle appelait bien &#233;videmment &#034;cabane Caron&#034; - mi-aveugle, rapide, irr&#233;guli&#232;re, s'arr&#234;tant aux endroits les plus inattendus, bavarde, volubile, espi&#232;gle, la marche fut un &#233;change riche de souvenirs, de g&#233;ologie, de glaciologie, d'histoires du pays, d'Histoire tout court, et mieux encore d'Histoires de la Vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous passons sur le Glacier Blanc qui, dans ces ann&#233;es, arrive encore &#224; combler tout le vallon suspendu, pour retrouver la rive gauche de plain pied au niveau du lac Tuckett. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle reconnait la cabane Tuckett de 1896 et son toit en charpente. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je lui explique que cette cabane avait eu en un toit en d&#244;me en 1886. Elle fut pr&#233;c&#233;d&#233;e d'un bivouac pompeusement nomm&#233; &#034;h&#244;tel Tuckett&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous arr&#234;tons au refuge du Glacier Blanc qui fut construit &#224; partir de 1942 &#224; 2550 m, avec 400 tonnes de mat&#233;riaux mont&#233;s &#224; dos d'homme, sous la direction du guide Jean Giraud. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous montons encord&#233;s sur un glacier recouvert d'une abondante neige, pas de crevasses visibles, pas de s&#233;racs, et terminons par une longue diagonale sous le Pic de Neige Cordier. Ce cheminement facile nous am&#232;ne sans partie raide &#224; 3170 m&#232;tres, &#224; hauteur du refuge des &#201;crins. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sa robe longue n'emp&#234;che pas l'encordement &#224; la taille, De toute fa&#231;on en 1969 les baudriers ou harnais n'existaient pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lui expliquais que la cabane Caron de douze places o&#249; la jeune mari&#233;e de vingt ans avait pass&#233; sa nuit de noces en 1909, voici soixante ans, avait &#233;t&#233; construite en 1903.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que cette cabane porte le nom d'Ernest Caron, pr&#233;sident du Club Alpin Fran&#231;ais de 1898 &#224; 1901 et de 1904 &#224; 1907. &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'elle a &#233;t&#233; construite &#224; l'abri des avalanches, et &#224; l'abri de la reptation de la neige, &#224; l'abri des mouvements du glacier, sur une terrasse &#224; l'aplomb de Roche Paillon. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que les mat&#233;riaux ont &#233;t&#233; port&#233;s par sept guides et six porteurs qui gagnent 30 francs pour 100 kilos port&#233;s de L'Argenti&#232;re-la-Bess&#233;e, jusqu'&#224; l'emplacement &#224; 3 170 m. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aucune route, uniquement des chemins pi&#233;tons apr&#232;s Vallouise et Pelvoux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que cette premi&#232;re cabane a &#233;t&#233; d&#233;truite par un incendie en 1921.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'elle fut reconstruite un peu plus grande l'ann&#233;e suivante, en 1922, avec trente six places, en une seule pi&#232;ce, servant &#224; la fois de logement pour le gardien, de cuisine, de s&#233;jour, et de dortoir collectif. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que la route arrivera &#224; Ailefroide plus tard, et au Pr&#233; de Madame Carle en 1935, route en terre battue, non goudronn&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que cette deuxi&#232;me cabane Caron de 1922 a &#233;t&#233; construite par l'entreprise Bayrou qui l'expose &#224; Brian&#231;on, avant que les onze tonnes de mat&#233;riaux soient mont&#233;es &#224; dos d'homme &#224; 3170 m sous la direction d'un jeune guide de 22 ans, Pierre F&#233;lix Engilberge de Pelvoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce m&#234;me mod&#232;le de cabane Caron 2me s&#233;rie de 1922 sera &#233;galement install&#233; &#224; la Pilatte acc&#232;s depuis La B&#233;rarde, au S&#233;l&#233; depuis Ailefroide, et &#224; Ad&#232;le Planchard de la STD 3 173 m, depuis Villar d'Ar&#232;ne, apr&#232;s avoir servis lors de &#171; l'Exposition Internationale de la Houille Blanche et du Tourisme &#187; &#224; Grenoble en 1925.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que Milou Cortial, guide du pays, en a &#233;t&#233; le premier gardien. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que nous y dormions souvent &#224; quatre vingt dix personnes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que cette ann&#233;e en 1969 le nouveau refuge appel&#233; d&#233;sormais &#034;des &#201;crins&#034; venait d'&#234;tre termin&#233; pour cent vingt couchettes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que les mat&#233;riaux ont &#233;t&#233; mont&#233;s par h&#233;liportage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que les graviers, pierres et sables ont &#233;t&#233; extraits sur place. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que cet &#233;norme tronc de m&#233;l&#232;ze encore plant&#233; &#224; proximit&#233; du refuge servait de point d'ancrage pour le c&#226;ble t&#233;l&#233;porteur amenant le sable et les graviers pris &#224; proximit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'on pourrait croire que ce tronc d'arbre est un vestige des for&#234;ts de l'&#233;poque non glaciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la vieille cabane aurait d&#251; &#234;tre conserv&#233;e en l'&#233;tat, encore solide, mais que l'architecte ayant eu la d&#233;plorable id&#233;e de faire installer une inefficace chemin&#233;e &#224; foyer ouvert, au lieu d'un simple po&#234;le, les ouvriers puis les utilisateurs ont cass&#233; et d&#233;moli l'ancien refuge pour en br&#251;ler le bois. &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il en reste quelques poutres plac&#233;es en guise de marches d'escalier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que c'est dommage car cette vieille cabane aurait servi de &#034;m&#233;moire&#034; pour les g&#233;n&#233;rations suivantes, montrant ce qu'&#233;tait un ancien refuge. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que c'est dommage car ce &#034;dortoir suppl&#233;mentaire&#034; aurait &#233;t&#233; fort utile les jours d'affluence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; au refuge elle commanda deux repas... Elle ne toucha presque pas au sien, et je mangeai les deux ! &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ma demande le gardien Benjamin nous avait r&#233;serv&#233; la table la mieux plac&#233;e. Avec vue splendide sur les &#201;crins. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle regardait sans arr&#234;t par la fen&#234;tre vers ce sommet &#233;tincelant de Ia Barre et du D&#244;me. Et je I'ai vu &#224; la fois sourire et pleurer, mais c'est moi qui me suis d&#233;tourn&#233; pour cacher mes larmes. Moment d'&#233;motion intense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais plus son nom, mais je I'ai toujours appel&#233; Mme Lebonheur, car elle m'a apport&#233; le plus beau souvenir de ma carri&#232;re, loin devant les exploits prestigieux ou les exp&#233;ditions lointaines, loin devant les grands sommets que, comme la plupart des guides, j'ai eu l'occasion de gravir sur tous les continents du monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une le&#231;on de courage, de volont&#233;, de pers&#233;v&#233;rance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une simple journ&#233;e de bonheur pour toute une vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est elle m'a donn&#233; l'envie de parcourir la montagne... au moins jusqu'&#224; quatre-vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Albrand, guide au bureau des &#201;crins depuis d'un demi-si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ouvrage &#034;100 ans de guides en &#201;crins&#034; est en vente aux bureaux des guides &#224; Vallouise et Ailefroide, dans les bonnes librairies, ou renseignements aupr&#232;s de l'auteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une course particuli&#232;re</title>
		<link>https://guides-ecrins.com/Une-course-particuliere.html</link>
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		<dc:date>2019-06-15T15:28:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>Le samedi 8 juin, avec un groupe de six valeureux Tarbais, nous r&#233;visons les rudiments du d&#233;placement en crampons sur les langues terminales de glace du glacier blanc, sous un ciel c&#233;rul&#233;en ne laissant rien para&#238;tre de la fureur qui s'abattra sur ces montagnes la nuit suivante. Au refuge des &#201;crins, Damien (gardien r&#233;cemment transf&#233;r&#233; depuis le Pelvoux) confirme nos craintes : dimanche des averses orageuses s&#233;vissent d&#232;s le d&#233;but de matin&#233;e, an&#233;antissant le peu d'espoir aux alpinistes (&#8230;)

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&lt;a href="https://guides-ecrins.com/-Recit-de-Guide-.html" rel="directory"&gt;R&#233;cit de Guide&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le samedi 8 juin, avec un groupe de six valeureux Tarbais, nous r&#233;visons les rudiments du d&#233;placement en crampons sur les langues terminales de glace du glacier blanc, sous un ciel c&#233;rul&#233;en ne laissant rien para&#238;tre de la fureur qui s'abattra sur ces montagnes la nuit suivante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au refuge des &#201;crins, Damien (gardien r&#233;cemment transf&#233;r&#233; depuis le Pelvoux) confirme nos craintes : dimanche des averses orageuses s&#233;vissent d&#232;s le d&#233;but de matin&#233;e, an&#233;antissant le peu d'espoir aux alpinistes pr&#233;sents de parvenir au but convoit&#233;. Seule solution envisageable, partir apr&#232;s le repas et gravir le sommet de nuit, &#233;clair&#233; par le p&#226;le halo d'un quartier de lune, ce qui implique une journ&#233;e &#224; 2200 m&#232;tres de d&#233;nivel&#233;. C'est rude, mais nos compagnons seront aussi solides que leur accent est marqu&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;part &#224; 20h30 du refuge, les conditions sont bonnes, la trace directe (&#233;vitant une grosse partie des s&#233;racs) est raide, nous progressons rapidement et nous sommes au sommet 3 heures plus tard, le ciel est &#233;toil&#233;, nous distinguons quelques sommets lointains : des Ailefroides au Kilimandjaro. Paradoxalement, plus on monte vite et moins on se fatigue, ce th&#233;or&#232;me est v&#233;rifi&#233; par de nombreux guides, mais contest&#233; par leurs genoux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au parking &#224; 4h les &#233;clairs claquent derri&#232;re le Pelvoux, Vallouise est noy&#233;e sous l'orage, Brian&#231;on emport&#233; par une lame de fond, durant les deux journ&#233;es suivantes il neigera 50 centim&#232;tres au refuge. Cette premi&#232;re course lance la saison.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;cit du Guide Julien Cruvellier De Luze&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://guides-ecrins.com/spip.php?page=categorie&amp;activite=102&amp;lang=fr&#034;&gt;En savoir plus sur l'ascension du D&#244;me des &#201;crins&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Quand on a que les jambes... et du coeur &#187;</title>
		<link>https://guides-ecrins.com/Quand-on-a-que-les-jambes-et-du-coeur.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://guides-ecrins.com/Quand-on-a-que-les-jambes-et-du-coeur.html</guid>
		<dc:date>2018-06-04T18:57:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>Texte publi&#233; par le guide Jean-Charles Perrier &#171; Alain a des probl&#232;mes de vue&#8230; &#187;. C'est en ces termes qu'au t&#233;l&#233;phone un ami guide me pr&#233;sente Alain, sans plus de d&#233;tails. Dans quelques jours je dois l'emmener faire le Mont-Blanc &#224; skis. Quand je r&#233;cup&#232;re Alain chez lui,dans un petit village proche de Gap, je ne remarque rien d'anormal. M&#234;me pas une paire de lunettes sur le visage. En route pour Chamonix ! Dans la voiture on parle de tout sauf &#233;videmment de ses &#171; probl&#232;mes de vue &#187;. Nous (&#8230;)

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&lt;a href="https://guides-ecrins.com/-Recit-de-Guide-.html" rel="directory"&gt;R&#233;cit de Guide&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Texte publi&#233; par le guide Jean-Charles Perrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Alain a des probl&#232;mes de vue&#8230; &#187;. C'est en ces termes qu'au t&#233;l&#233;phone un ami guide me pr&#233;sente Alain, sans plus de d&#233;tails. Dans quelques jours je dois l'emmener faire le Mont-Blanc &#224; skis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je r&#233;cup&#232;re Alain chez lui,dans un petit village proche de Gap, je ne remarque rien d'anormal. M&#234;me pas une paire de lunettes sur le visage.&lt;br class='autobr' /&gt;
En route pour Chamonix !&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la voiture on parle de tout sauf &#233;videmment de ses &#171; probl&#232;mes de vue &#187;. Nous arrivons vers midi ce jour de juin 2008 et rallier le refuge des Cosmiques par la benne ne va pas nous prendre bien longtemps. Il fait grand beau . Je propose un petit pique-nique au bord du lac des Gaillands. On sera aux premi&#232;res loges pour observer la face.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussit&#244;t dit, aussit&#244;t fait, je suis d&#233;j&#224; en train de d&#233;baller mon sandwich, assis au bord du lac, lorsque je vois Alain approcher &#224; petits pas h&#233;sitants.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Vient t'asseoir Alain ! &#187; Et c'est finalement d'un pas d&#233;cid&#233; qu'Alain me rejoint et se jette de bon c&#339;ur dans le lac (heureusement peu profond) son pique-nique &#224; la main.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Alain a des probl&#232;mes de vue ... &#187; ... Ah oui !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce Mont-Blanc &#224; ski se d&#233;roulera &#224; merveille et j'y ferai mes premiers pas, mon apprentissage, dans la conduite d'Alain, alpiniste et skieur au talent aussi &#233;tonnant qu'exceptionnel, aveugle, ou presque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ah oui, tout s'est d&#233;roul&#233; comme sur des roulettes (ou sur des skis) jusqu'&#224; l'arriv&#233;e de la t&#233;l&#233;cabine de l'Aiguille au retour. S&#233;par&#233;s par la foule compacte dans la benne je n'ai pas le temps d'attraper Alain &#224; la sortie. Je me retourne, je ne le vois plus. Quelques secondes puis un grand fracas ! Alain a saut&#233; pieds joints dans la fosse de la benne voisine, profonde de 2m, ses skis &#224; la main.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas de mal ! Il est solide.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alain est atteint de r&#233;tinite pigmentaire, une maladie g&#233;n&#233;tique de la r&#233;tine. En lumi&#232;re oblique ou fortement contrast&#233;e, il n'y voit plus rien. Pas beaucoup d'espoir d'inverser un jour la tendance, mais un moral d'enfer !&lt;br class='autobr' /&gt;
7 mai 2018, apr&#232;s 10 ann&#233;es &#224; arpenter ensemble une multitude de massifs alpins et de couloirs (c'est le ski de couloir qu'il pr&#233;f&#232;re Alain, neige lisse, pas d'arbres, pas de bosses.) on d&#233;cide de cl&#244;turer cette saison par &lt;a href=&#034;http://guides-ecrins.gamuza.fr/Categorie.html?activite_type=3&amp;activite=57&amp;rubrique=coup%20de%20coeur&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le Pelvoux et sa travers&#233;e&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dimanche matin en d&#233;barquant &#224; Ailefroide il pleut. Gar&#233;s &#224; c&#244;t&#233; de nous, Shams, un jeune guide et ses amis h&#233;sitent, r&#233;fugi&#233;s dans leur van.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Je suis pass&#233; voir l'ing&#233;nieure m&#233;t&#233;o &#224; Brian&#231;on, demain matin y'a une fen&#234;tre... &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Convaincus par ma foi mystique dans la d&#233;esse pr&#233;visionniste aux yeux bleus que j'ai rencontr&#233;e la veille, ils se mettent en route. Et nous aussi. En chemin on croise une troupe de malheureux qui ont fait &#189; tour dans le Coolidge sous les assauts conjugu&#233;s du brouillard et de la neige. On compatit, on pleure un peu avec eux...et on continue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus haut c'est Gilles, un coll&#232;gue guide du Bureau des &#201;crins qui redescend &#224; ski sous le refuge avec son client. Eux aussi on fait &#189; tour ce matin. &#171; Allez, remontez avec nous demain il fait beau ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Conciliabule entre le guide et son client...&lt;br class='autobr' /&gt;
Une demi-heure plus tard alors qu'avec Alain nous poursuivons notre (longue) mont&#233;e vers le refuge du Pelvoux, je jette un coup d'&#339;il vers le bas, Gilles et son client n'ont pas boug&#233;, &#231;a doit cogiter dur...&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils feront finalement &#189; tour et seront de la partie eux aussi le lendemain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ah, le refuge du Pelvoux ! Lieu magique, si joliment perch&#233;. Magie que l'on doit aussi &#224; Damien son gardien, chef 3 &#233;toiles et fin connaisseur des choses de la haute montagne. Nous sommes donc 7 &#224; partager son intimit&#233; chaleureuse ce soir-l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La journ&#233;e du lendemain me donnera raison, heureusement. Il fait beau, les conditions sont excellentes ou presque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec Alain nous arrivons les premiers au sommet et sommes donc les premiers &#224; nous engager sur le glacier des Violettes. Pas une trace. Photo &#224; l'appui, Damien m'a montr&#233; le passage &#224; suivre, tout &#224; ski, au c&#339;ur des s&#233;racs. Ce matin je prends la mesure de cette partie de l'itin&#233;raire que je sous-estimais un peu. Raide, mais pas trop... comme j'aime finalement ! Et cette d&#233;licieuse incertitude d'un cheminement complexe, sinueux qui se d&#233;voile peu &#224; peu et met l'intuition et tous les sens en alerte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233;s au pr&#233; de Madame Carle vers 11 h, on d&#233;cide avec Alain de remonter au refuge du Glacier Blanc. On a fait du beau ski, on en redemande !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le flux se sud-ouest est reparti de plus belle, le ciel se couvre, mais il fait chaud. On arrive au refuge juste avant la pluie. Nico nous attend dehors, en short, comme &#224; son habitude. Nico c'est le gardien de ces lieux, autre personnage mythique de cette partie des &#201;crins, qui veille sur le Glacier Blanc avec sa sympathique petite famille. Nous sommes seuls ce soir l&#224;. Il faut dire qu'avec ce printemps &#224; la m&#233;t&#233;o capricieuse ils n'ont encore pas vu passer grand monde l&#224;-haut.&lt;br class='autobr' /&gt;
En montant j'ai rep&#233;r&#233; le couloir sud de la pointe C&#233;zanne. De loin il a l'air blanc et lisse... parfait pour demain ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Mardi 8 mai, d&#233;part &#224; 5 h. Trop t&#244;t . L'eau de fonte a eu raison de nos intestins fragiles. Un peu malades, les multiples arr&#234;ts pour soulager la mis&#232;re d&#233;bordante de nos visc&#232;res encombr&#233;s auraient d&#251; nous porter &#224; l'entr&#233;e du couloir au moment propice. Eh bien non, c'est du carrelage qui nous attend et le carrelage &#224; 45 degr&#233;s, c'est tra&#238;tre ! Alors on s'assoit au soleil &#224; l'entr&#233;e du couloir et on attend, on discute. Au bout d'une heure on s'impatiente, le temps vire aux nuages alors on y va. C'est toujours du carrelage, on skie 80 m. Stop ! On d&#233;chausse, on met vite les crampons. La suite se fera &#224; pied. Ainsi va la vie, les jours se succ&#232;dent, diff&#233;rents... &lt;br class='autobr' /&gt;
Alain aurait tr&#232;s bien pu faire encore quelques virages dans ce couloir en neige b&#233;ton. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un bien meilleur skieur de pentes raides que moi !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Songes d'alpiniste un soir de lune vague apr&#232;s la neige</title>
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		<description>Publi&#233; par le guide Julien Cruvellier De Luze La corde se tend, le halo de votre lampe frontale arrache aux t&#233;n&#232;bres la trace de vos pr&#233;d&#233;cesseurs, le regel nocturne facilite vos pas. Car hier en arrivant en fin d'apr&#232;s-midi au refuge vous aviez l'impression de marcher dans une cuve de raisin pr&#234;t &#224; fermenter en tonneaux, d'ailleurs il vous para&#238;t possible que ce soit le gardien qui fabrique son vin et le pi&#233;tine sans prendre la pr&#233;caution &#233;l&#233;mentaire d'&#244;ter ses sandales, ce qui (&#8230;)

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&lt;a href="https://guides-ecrins.com/-Recit-de-Guide-.html" rel="directory"&gt;R&#233;cit de Guide&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par le guide Julien Cruvellier De Luze&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corde se tend, le halo de votre lampe frontale arrache aux t&#233;n&#232;bres la trace de vos pr&#233;d&#233;cesseurs, le regel nocturne facilite vos pas. Car hier en arrivant en fin d'apr&#232;s-midi au refuge vous aviez l'impression de marcher dans une cuve de raisin pr&#234;t &#224; fermenter en tonneaux, d'ailleurs il vous para&#238;t possible que ce soit le gardien qui fabrique son vin et le pi&#233;tine sans prendre la pr&#233;caution &#233;l&#233;mentaire d'&#244;ter ses sandales, ce qui expliquerait le go&#251;t de champignon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corde se tend, le guide propose de marquer une pause. Il n'y a pas de trombinoscope au bureau des guides permettant de choisir celui qui aurait le physique le plus avantageux, on vous a attribu&#233; au hasard des disponibilit&#233;s ce grand type sympa qui parle autant qu'un animateur de jeu t&#233;l&#233;vis&#233;, vous craigniez de retomber sur le vieux qui ne mange que la cro&#251;te du fromage ou les miettes coinc&#233;es dans sa moustache. La profondeur de vos r&#233;flexions ne vous permet d'entendre ses conseils : &#171; On change l'encordement, c'est ici que la partie raide commence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corde se tend, les yeux riv&#233;s sur les crampons du guide qui p&#233;n&#232;trent si facilement la neige dure, vous repensez &#224; l'&#233;cole de cramponnage la veille sur les lames terminales du glacier, vous appr&#233;ciez la coh&#233;rence p&#233;dagogique de cette sortie en deux journ&#233;es permettant de balayer d'un revers de main vos appr&#233;hensions sur vos capacit&#233;s &#224; tenir debout au flanc de ces pentes gel&#233;es menant au sommet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour se l&#232;ve, vous avez froid ce n'est pourtant pas l'hiver. La montagne en face change de couleur, sortant de l'obscurit&#233; elle s'&#233;claire et passe du rose pastel &#224; l'orange jus de mangue. Cet instant vous foudroie de sa beaut&#233; transcendante, vous ne forcez plus, votre corps est port&#233; par l'&#233;veil de l'aube. En fait l'alpinisme ce n'est pas si dur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corde se tend, c'est le signal convenu pour que vous puissiez franchir ce ressaut rocheux en &#233;tant assur&#233;, vous croyez apercevoir le sommet derri&#232;re, alors qu'habilement dissimul&#233; &#224; l'abri des regards il se tient en arri&#232;re plan, et vous ne distinguez que le haut du relief &#224; surmonter en haut duquel le guide vous attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;tonnant, vous n'avez pas faim alors que vous marchez depuis d&#233;j&#224; quatre heures, vous vous f&#233;licitez d'avoir repris trois fois de la soupe lors du repas, elle &#233;tait bien meilleure que celle des camps scouts m&#234;me si le p&#232;re Guy rajoutait de la salsepareille. Et comme on peut se resservir autant de fois qu'on le veut, la sati&#233;t&#233; est garantie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corde se tend, cette fois vous rejoignez un petit groupe d'individus qui vous congratulent, partout autour du point de regroupement la pente s'affaisse. La rapide phase de d&#233;duction qui suit vous pousse &#224; croire que vous &#234;tes au sommet, instinctivement vous cherchez votre t&#233;l&#233;phone pour envoyer le message qui apportera joie et f&#233;licit&#233; dans votre foyer en omettant que dans ce vaste massif, la couverture r&#233;seau est m&#233;diocre. Vous vous consolez en prenant un autoportrait en ayant soin d'&#244;ter vos doigts de l'objectif. Le nom des sommets alentours oubli&#233; vous amorcez la descente qui conduit &#224; la r&#233;confortante collation consacrant la r&#233;ussite de cette audacieuse ascension. Cette fois vous &#234;tes devant, maitre de votre destin, libre du rythme de vos pas, la corde ne se tend plus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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